Chapitre 03

Quelque part dans Owendo, une des trois communes que compte la province de l’Estuaire, David arrive à son travail avec plus de vingt minutes de retard, exactement comme il l’avait prévu avant de faire de petites galipettes avec sa femme. L’homme rentre dans l’enceinte de sa société et se garde sur le parking. De nombreux véhicules sont présents, à savoir des voitures personnelles et d’autres servant à transporter des conteneurs.

David descend, récupère son attaché-case, et rentre dans le bâtiment. Il est alors immédiatement accueilli par une jeune femme d’une vingtaine d’années : Julie Nang. Cette dernière porte des lunettes de vue, est vêtue d’une chemise blanche et d’une jupe noire, et mesure à peu près un mètre soixante-cinq.

  • Bonjour Monsieur ! dit-elle une fois qu’elle le voit.
  • Bonjour Julie. Monsieur Mihindou est-il déjà arrivé ? lui demande-t-il.
  • Oui. Il vous attend d’ailleurs dans la salle de réunion, rajoute-t-elle.

L’homme la remercie pour l’information et demande à la demoiselle de lui apporter un café, n’ayant pas eu le temps d’en prendre avant de partir de chez lui. Cette dernière s’en va alors le préparer tandis que David se dirige vers la pièce en question. A l’intérieur, un homme très noir vêtu d’un costume bleu et d’une chemise blanche est assis sur une des chaises.

  • Monsieur Mihindou ! Je suis sincèrement désolé de vous avoir fait attendre, rétorque David en lui tendant la main.
  • Ne vous en faites pas pour ça. Je n’ai pas attendu très longtemps et je sais à quel point il est difficile de se déplacer en ce moment, répond l’homme en serrant la poigne du père d’Aicha.
  • Je vous remercie pour votre compréhension.

Les salutations étant terminées, les deux hommes prennent place et commencent à parler affaire. Mr. Mihindou avait pris rendez-vous avec David plusieurs jours auparavant et sollicitait ses service. Mr. Ellah sort de son sac son ordinateur portable, ainsi que divers documents et les pose tous sur la table.

  • Alors Mr. Mihindou, que pouvons-nous faire pour vous être utile aujourd’hui ? questionne-t-il.
  • Comme je vous l’avais expliqué il y a de cela plusieurs jours, je requiers votre aide pour le transport de certains de mes biens.
  • Je vois. Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur vos avoirs ? demande-t-il à nouveau, les yeux rivés sur son ordinateur qui est en train de s’allumer.

L’homme habillé en bleu lui sort alors la liste de tous les articles qu’il veut faire venir au Gabon. Elle contient en outre deux véhicules, des appareils électroménagers, et d’autres objets servant à décorer l’intérieur d’une maison. Apres avoir entendu cela, David lui demande ensuite de quel pays du monde cela va être expédié.

  • De Chine ! Mes biens sont actuellement en Chine, répond Mr. Mihindou.

L’homme d’affaires à pratiquement toutes les informations dont il a besoin pour constituer le dossier de son nouveau client. Il ne lui reste plus qu’à obtenir son adresse, une estimation de la valeur totale de ses avoirs, et à rentrer le tout dans son ordinateur. Au moment où il commence à pianoter sur son clavier, Julie rentre dans la salle de réunion avec un plateau sur lequel est posés deux tasses, des cuillères en plastiques, une cafetière remplie, et de petits sachets de sucre. La jeune femme dépose le tout à côté d’eux, attrape ensuite la cabaretière, et commence à verser le liquide dans le premier récipient. Lorsqu’elle veut faire de même avec le second, Mr. Mihindou intervient en lui disant qu’il en a déjà bu ce matin.

Julie repose donc la cafetière, déchire deux sachets de sucre qu’elle met dans la tasse, et y ajoute une cuillère en plastique. Elle la donne ensuite à David, qui la remercie pour le service rendu, puis sort de la pièce. L’homme touille alors son café et commence à le boire.

  • Dans quelle région de Chine se trouvent vos affaires ? demande-t-il à son client entre deux gorgées.
  • Province de Wuhan. Elles sont dans la province de Wuhan, dit-il.
  • Ok ! Ok ! Pouvez-vous me donner approximativement la valeur totale de vos biens s’il vous plait ?

Mr. Mihindou lui transmet alors l’information demandée et le père d’Aicha la rentre dans son ordinateur portable. Il continue de pianoter dessus pendant encore quelques minutes, s’arrête ensuite brusquement, puis se retourne vers son client. L’homme lui annonce le prix qu’il devra dépenser, ainsi qu’une partie du procédé que la société emploiera pour faire venir ses affaires au pays. L’homme habillé en bleu est très surpris par le montant affiché sur l’écran. Il avait entendu que les couts proposés par la société de monsieur Ellah était moindre, mais il ne s’attendait vraiment pas à un tel prix.

  • Alors, qu’en dites-vous ? demande l’homme d’affaires.
  • Je ne m’attendais vraiment pas à une telle somme. Etes-vous sûr que ce montant est le bon ? répond-t-il, étonné.
  • Sur et certain. Cela n’est possible que grâce au réseau que nous avons établi au cours de ces dix dernières années.
  • Je comprends mieux. Dans ce cas, vous pouvez compter sur moi pour faire régulièrement appel à vos services, dit Mr. Mihindou, tout joyeux.
  • Excellent ! Ma secrétaire va donc se charger de la suite désormais.

Les deux hommes se lèvent et se serrent de nouveau la main. David raccompagne alors son nouveau client régulier auprès de Julie, puis retourne récupérer ses affaires dans la salle de réunion pour se rendre enfin dans son bureau. Sa journée de travail venait de magnifiquement commencer.

—–*—–

Aicha, Junior, et Meriem sont au feu rouge se trouvant à coté de Mbolo. Ceux-ci attendent qu’il passe au vert pour pouvoir poursuivre leur trajet en direction du centre-ville. Lorsque cela se produit, le chauffeur appuie sur l’accélérateur, ce qui actionne la mise en marche du véhicule.

Sur le trajet, alors qu’ils sont actuellement sur en train de rouler au niveau du bord de mer, la plus jeune des trois, qui a toujours la tête collée à la vitre de la portière en écoutant sa musique, voit quelque chose de particulier. Il s’agit d’une statue représentant un être hermaphrodite venant de briser ses chaines. Aicha la prend alors en photo pour la montrer plus tard à son petit-ami. Son geste attire l’attention de sa mère qui remarque elle aussi la sculpture.

  • Dis-moi Junior, quelle est la signification de cette statue ? demande-t-elle, curieuse.

Le jeune homme a à peine de temps de jeter un coup d’œil rapide avant de la dépasser.

  • Madame, il s’agit d’une œuvre représentant la fin de la traitre des noirs et la libération des esclaves, futurs pionniers de notre ville actuelle, répond-t-il.
  • Un monument historique alors ?
  • Oui madame.

Meriem lui demande ensuite le nom de la personne qui a construit cette sculpture, mais Junior est incapable de répondre à sa question, s’en excusant au passage.

  • Ne t’inquiète pas pour ça.

Après plus d’une dizaine de minute de route, le trio arrive finalement à proximité de la maison mère de Libertis. Cependant, junior ne se gare devant mais stationne le véhicule en face de BICIG, la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Gabon.

  • Madame, c’est ici que vous pourrez retirer de l’argent au distributeur, lui dit-il.

Meriem et Junior descendent alors du voiture tandis qu’Aicha reste à l’intérieur. Il conduit ensuite la femme de son patron aux guichets automatiques de banque pour qu’elle puisse faire un retrait. Pendant ce temps, la jeune femme qui est restée en arrière observe avec un certain mépris les gens qui passent.

  • Regarde-moi tous ces pauvres types, pense-t-elle lorsqu’elle remarque les vendeurs ambulants se trouvant de la banque.

Aicha n’arrive toujours pas à digérer le fait qu’elle ait été trainée de force dans un endroit aussi peu charmant. Elle se dit alors qu’elle doit trouver un moyen pour que son père la renvoie en France et ce, même si elle doit étudier en internat.

Le jeune homme et sa mère reviennent quelques instants plus tard et, comme au centre commercial, sont interpelés par des vendeurs ambulants. Junior refait donc ce qu’il a eu à faire par le passer et tous les deux remontent dans la voiture. Il met alors le contact, démarre, et se gare à nouveau moins de deux cents mètres après, devant les locaux de la maison de télécommunication.

  • Aicha, viens avec moi ! dit Meriem à sa fille lorsqu’elle descend.

Cette dernière s’exécute et la suit. Mère et fille pénètrent alors dans le bâtiment orange de plusieurs étages.

A l’intérieur de l’édifice, il y a un grand nombre de personnes. Chacune d’entre elles attend qu’on la reçoive. Aicha et Meriem s’assoient sur deux chaises qui se trouvaient être inoccupées et attendent à leur tour. Cette fois-ci, c’est au tour de la mère d’être un peu déçue par la qualité du service. En France, elle n’avait pas besoin de faire la queue pour acheter une simple carte Sim, elle pouvait la commander directement en ligne sur le site de la compagnie ou encore en acheter dans une borne allouée à cette occasion.

Les deux femmes attendent près d’une heure avant que ce ne soit finalement à leur tour d’être reçues. Elles se lèvent donc de leur siège et se dirigent à l’endroit qu’on leur avait indiqué.

  • Bonjour et bienvenues à Libertis de Gabon Télécom. Que puis-je faire pour vous être utile ? leur demande l’agente se trouvant devant elles.
  • Bonjour mademoiselle, j’aimerai acheter des cartes Sim pour ma fille et moi, répond Meriem.
  • Ok ! Pour cela, j’aurai besoin d’une pièce d’identité s’il vous plait.
  • Bien entendu.

Meriem fouille alors dans son sac à main, sort leurs passeports, et les tend à la jeune femme.

  • Merci beaucoup, dit l’agent en récupérant les documents.

Elle commence alors à rentrer les informations de la mère puis ceux de la fille dans l’ordinateur se trouvant à ses côtés. Apres plusieurs minutes, elle les leur remet avec leurs puces. La jeune femme demande ensuite de les mettre dans leurs téléphones portables afin de procéder à l’activation. Elles éteignent donc leurs appareils, insèrent les Sim à l’intérieur, et redémarrent le tout.

Une fois les deux objets allumes, l’agente leur explique alors la marche à suivre pour activer leurs lignes téléphoniques. Mère et fille le font et reçoivent tous les deux des messages leur souhaitant la bienvenue à Libertis.

  • Est-ce que c’est possible d’acheter des forfaits ici et maintenant ? Ou bien on doit le faire avec nos téléphones ? demande soudainement Aicha qui n’avait pas prononcé de moindre mot depuis plus d’une heure.
  • Vous pouvez bien évidemment le faire ici ou chez vous après avoir rechargé vos comptes, lui répond l’employée de Libertis.
  • A combien les faites-vous ? questionne cette fois-ci la mère.

La jeune femme leur sort alors un prospectus sur lequel étaient inscrits tous les forfaits proposes par la maison de télécommunication, ainsi que leur prix. Après réflexion, Meriem prend un forfait de 15 Go pour elle-même tandis qu’elle en prend un de sept pour sa fille, une manière de la punir pour son comportement de tout à l’heure. Bien évidemment, Aicha n’est pas contente mais elle n’y peut rien. C’est sa mère qui paie. L’agent donne alors à Meriem le montant total qu’elle a à régler. Cette dernière sort donc une liasse de billets violets de son sac à main et la lui remet. Elle encaisse l’argent, leur remet la monnaie et un reçu, et les deux femmes sont enfin libres de quitter les lieux, ce qui conclut l’une des parties les plus importantes de leur sortie.

A suivre!!!

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2 commentaires

  1. J’ai hate de lire la suite. Cette histoire est très bien rédiger malgré quelques erreurs de frappe (mais sa arrive a tout le monde 😉 ) . Continue comme ca. Jattend la suite avce impatiance.

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