Acte 03

Prestige Pascal et Rose Martine venaient tout juste de rentrer chez eux. Ils déchargèrent tout ce qu’ils avaient acheté du coffre de la voiture et les rangèrent dans les endroits prévus à cet effet. Dès que ce fut le cas, la jeune femme voulut immédiatement montrer ses talents de pilotage à son grand frère. Toutefois, ce dernier refusa sa proposition. Etonnée, elle lui demanda pourquoi il avait changé d’avis.

  • Mais tu avais dit que…
  • Je sais exactement ce que j’ai dit. Toutefois, je trouve que le bon moment n’est pas encore venu, s’exprima-t-il en interrompant sa petite sœur.
  • Comment ça le bon moment ?

Le jeune homme pointa alors ce doigt vers la baie vitrée de leur salon.

  • Il fait encore jour. Pour ce genre d’activités, le mieux est de toujours attendre le coucher du soleil, dit-il.

Martine était abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre. Elle se disait alors que pour quelqu’un qui n’avait jamais participé à la moindre course de rue, il avait plutôt de bonnes connaissances sur la période durant laquelle elles se déroulaient.

  • En tout cas, nous irons faire un tour aux dernières lueurs du jour. En attendant, j’ai encore du rangement et une petite sieste à faire, rajouta-t-il avant de prendre la direction des escaliers.

Le jeune homme disparut à l’étage, laissant martine toute seule dans le séjour. Rose, n’ayant plus personne à qui parler, décida de vaquer elle aussi à d’autres occupations. Elle s’assit tout d’abord dans leur grand canapé, attrapa la télécommande se trouvant devant elle, alluma l’énorme télévision noire accrochée au mur, puis se mit en quête d’une chose intéressante à regarder.

Pendant ce temps, Prestige se retrouva dans la chambre de sa sœur. Il déposa alors quelque chose sur son lit avant de prendre la direction de la sienne. En face de la porte de sa chambre, le jeune homme passa ses doigts sous son blouson et tira une sorte de collier au bout duquel se trouvait une clé. Il retira le tout de son cou et rentra l’objet dans la serrure. Une fois déverrouillée, il tourna la poignée, pénétra dans la pièce, et referma derrière lui immédiatement après.

Bien que cette dernière eût été fermée tout le long, toutes les affaires de Pascal étaient convenablement rangées dans sa chambre. Comme pour celle de sa petite sœur, il y avait un grand lit, un poste de travail sur lequel se trouvait un ordinateur fixe muni de trois écrans et d’autres appareils de bureautique, une armoire garnie de vêtements pratiquement identiques et de trois paires de chaussures, et d’une salle de bain toute équipée. Cependant, aucun tableau n’était accroché au mur.

Le jeune homme s’assit sur son lit, retira ses chaussures, puis alla les ranger soigneusement aux cotés des autres dans son armoire. Il la referma et revint se coucher sur son lit. Juste après, Pascal mit la main dans la poche de son pantalon et en sortit son téléphone portable. La petite lueur indiquant qu’il avait reçu une ou plusieurs notifications clignotait encore et encore. Il alluma donc son écran et vit plusieurs messages non lus.

  • J’y répondrai tout à l’heure. Là, j’suis trop épuisé pour avoir une discussion, pensa-t-il.

Le jeune homme éteignit alors l’écran de son portable puis jeta l’appareil dans un coin du lit. Tandis qu’il regardait le plafond, Prestige se mit à rigoler en repensant à la réaction de sa petite sœur devant le tableau qui était accroché sans sa chambre.

  • La vérité est cachée dans son regard Martine, tout est dans le regard, dit-il une dernière fois avant de fermer ses yeux et de s’endormir.

De son coté, Martine venait de parcourir un bon nombre de chaines de télévision et n’avait trouvé rien de bon à suivre. Elle éteignit donc l’appareil, se leva du canapé, alla faire un tour sur la terrasse arrière de la maison. La jeune femme observa alors Vormer City qui se présentait devant elle. En la regardant, Rose ne pouvait que se sentir excitée à l’idée de dévaler les rues à toute vitesse au volant de sa voiture.

Au bout de quelques minutes, elle n’en put plus. Il fallait qu’elle voie son bébé au plus vite. Elle rebroussa donc chemin et repartit de nouveau dans le séjour. Là, elle chercha la clé de l’énorme cadenas qui maintenait le conteneur dans lequel sa voiture se trouvait fermé. Elle fouilla dans tous les meubles mais ne trouva que celle du véhicule de son grand frère. Elle la pris et partit cette fois fouiner à l’intérieur. Elle ouvrit la boite à gants, regarda entre les sièges mais sans succès.

  • C’est pas vrai ! Où est-ce qu’il l’a mise merde, s’exclama-t-elle.

Frustrée et légèrement à bout de nerfs, Martine referma la portière du véhicule et retourna dans la maison. Elle monta alors à l’étage et alla cogner à la porte de son frère.

  • Pascal ! Ouvre, cria-t-elle après avoir tourné la poignée sans succès.

Le jeune homme qui était couché à l’intérieur entendit le bruit produit par sa sœur et ouvrit lentement les yeux.

  • Je dors ! Laisse-moi tranquille, répondit-il en hurlant à son tour.
  • Les gens qui dorment ne répondent pas quand on les appelle, rétorqua-t-elle cette fois-ci.
  • Sauf s’ils sont sur répondeur.
  • Quoi ? Mais qu’est-ce que tu racontes ?
  • Je ne sais pas. C’est sorti tout seul des méandres du néant des pensées de la mort qui tue.

Martine ne chercha même pas à comprendre ce que son frère racontait. Tout ce qui l’importait à cet instant était de savoir où il avait mis la clé qu’elle désirait.

  • Bref, où t’as mis la clé du cadenas de mon conteneur ? demanda-t-elle.
  • Tu as grand besoin de repos. Il faut aller dormir, lui répondit-il.
  • Non, j’ai pas besoin de dormir. Ce dont j’ai besoin en ce moment c’est de ma putain de voiture !
  • Va dormir !
  • Je veux la clé putain !

Après ce dernier échange, Pascal ne prononça plus le moindre mots, ce qui énerva grandement le jeune femme qui continua de hurler son prénom tout en cognant à la porte de sa chambre. Au bout de plusieurs minutes, Rose finit par abandonner. Connaissant l’individu, il n’allait surement pas se lever et lui ouvrit la porte. Elle retourna donc au rez-de-chaussée et s’allongea dans le canapé.

  • Je ne sais pas encore comment, mais je jure que tu vas me le payer, dit-elle en levant son poing bien haut.

La jeune femme brancha sa paire d’écouteurs à son téléphone portable et lança un des morceaux de musique présents dans sa bibliothèque. Elle essaya alors de faire le vide dans son esprit.

Rose Martine commençait à somnoler et, ne voulant pas dormir dans le fauteuil, retourna dans sa chambre. Au moment de s’effondrer dans son lit, elle aperçut un bout de papier plié en quatre posé dessus. Cette dernière le saisit donc, le déplia, et une clé s’en échappa. Elle lut par la suite le message laissé par son grand frère. ‘Je savais que tu ne pourrais pas tenir. Voilà la clé du conteneur dans lequel se trouve ta voiture,’ était-il écrit.

La jeune femme se mit à rigoler toute seule. Elle venait de comprendre pourquoi Prestige lui avait demandé d’aller dormir.

  • Tu vas vraiment me le payer, dit-elle en ramassant le morceau de métal se trouvant parterre.

Clé en main, Martine retourna dehors. Elle se dirigea ensuite vers son conteneur, rentra l’objet dans la serrure, jeta le cadenas à même le sol quelques instants plus tard, et ouvrit enfin l’énorme boite métallique.

  • Bon retour parmi nous ! s’exclama-t-elle à nouveau devant son véhicule.

La voiture de Rose était complètement blanche avec des vitres teintées en noir. Le jeune femme posa sa main sur le capot et la fit glisser tout le long jusqu’à la poignée de la portière. Elle ouvrit cette dernière et pénétra dans l’habitacle. La demoiselle referma derrière puis caressa le volant des deux mains avant de passer aux trois lettres majuscules gravées dessus.

  • Tu m’as tellement manquée, dit-elle à nouveau.

La petite sœur de Prestige Pascal ouvrit la boite à gants et en sortit une autre clé qu’elle introduisit derrière le volant. Elle la tourna une première fois et tout le tableau de bord s’illumina comme un sapin de noël. Elle regarda alors les indicateurs se trouvant dessus.

  • Pression des pneus, ok. Niveau du liquide de refroidissement, ok. Huile moteur, vérifié. Niveau de carburant dans le réservoir, excellent.

Apres avoir vérifié que tout était en ordre dans sa voiture, la jeune femme tourna la clé une seconde fois et le moteur de 600 chevaux de puissance se situant sous le capot se mit à rugir.

  • Bienvenu sur ton nouveau terrain de jeu, Godzilla, rétorqua à nouveau Martine.

La demoiselle appuya plusieurs fois sur la pédale de gaz avant de la relâcher. L’aiguille du compte-tours passa alors d’un à sept et vice-versa à plusieurs reprises. Martine appréciait énormément la sensation de puissance que cela lui procurait. La jeune femme plaça sa main sur le levier de vitesse, passa de P à D, puis abaissa le frein à main.

La voiture qui sortit lentement du conteneur n’était nulle autre qu’une R35 Nismo Nissan GTR. Rose Martine plaça son véhicule de telle sorte que ce dernier fasse face au portail de leur domicile. En regardant cette entrée, la jeune femme pouvait littéralement sentir son sang bouillir. L’envie était si forte, elle voulait ouvrir cette barricade et arpenter les rues avec son bébé. Elle allait cependant devoir attendre car, comme l’avait si bien dit son frère, le meilleur moment pour pratiquer ce genre d’activités était lorsque monsieur jour léguait sa place à madame nuit.

La petite sœur de Pascal coupa donc le contact, retira la clé du tableau de bord, et sortit du véhicule. Elle le verrouilla derrière elle puis retourna dans la maison. Finalement, elle aussi avait bien mérité de faire une petite sieste.

A suivre !!!

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