Acte 04

Prestige luttait pour pouvoir maintenir ses yeux ouverts mais c’était un combat très difficile. Ce fut qu’à la troisième tentative qu’il parvint finalement à les garder ouvert. Le jeune homme passa ensuite sa main à divers endroits de son lit à la recherche de son téléphone portable. Il ne le sentit cependant nulle part, ce qui l’intrigua grandement. Pascal se tourna donc et chercha l’appareil du regard. Il le trouva quelques instants plus tard au pied du lit. Ce dernier avait du le faire tomber durant sa sieste. Il l’attrapa donc et le déverrouilla.

  • 18 heures moins le quart. Je suppose que je devais être très épuisé, dit-il en regardant l’écran.

Le jeune homme verrouilla de nouveau son téléphone et se leva de son lit. Il se dirigea ensuite vers sa salle de bain dans laquelle il se débarbouilla. Une fois rafraichi, Prestige quitta sa chambre et prit la direction du séjour.

Prestige Pascal fut surpris de ne pas trouver sa petite sœur dans la pièce. Il pensait que cette dernière aurait été là à l’attendre impatiemment pour prendre le volant. D’ailleurs, lorsque cette pensée traversa sa tête, le jeune homme alla immédiatement jeter un coup d’œil dehors. Il vit alors la voiture de Martine garée juste à côté de la sienne.

  • Elle a tout de même de la retenue, se dit-il.

Pascal s’avança vers le véhicule qui possédait des vitres teintées. Il plaça ses deux mains dessus et regarda à l’intérieur.

  • Au moins elle ne m’a pas attendu à l’intérieur, pensa le jeune homme en voyant le cockpit vide.

Après sa courte inspection, le grand frère retourna dans la maison. Il alla prendre une boisson dans le frigidaire, vint s’assoir dans le canapé, saisit la télécommande de la télévision, et commença à parcourir les différentes chaines en attendant que sa sœur ne vienne le rejoindre.

—–*—–

Une vingtaine de minutes après le réveil de Prestige, ce fut autour de Martine de reprendre conscience. Comme son frère, la première chose que cette dernière fit fut de consulter son téléphone portable pour connaitre l’heure. Elle regarda ensuite par la fenêtre de sa chambre et se rendit compte que le soleil était presque couché. Dès lors, elle aussi bondit de son lit et alla faire un tour dans sa salle de bain pour se débarbouiller. La jeune femme était très excitée à l’idée de conduire son bébé. Sa toilette terminée, Crystal sortit précipitamment de sa chambre mais dut revenir en arrière parce qu’elle avait oublié la clé de sa voiture et son téléphone.

Martine arriva au rez-de-chaussée dans un si grand vacarme qu’il était impossible à Prestige de ne pas la remarquer.

  • Yo ! s’exclama le grand frère d’un signe de la main lorsqu’il aperçut la jeune femme.
  • Oui salut ! Le soleil est presque couché, répondit-elle avec beaucoup d’entrain.
  • Toujours aussi pressée à ce que je vois. Ok, passe devant. Je te rejoins dans quelques instants, rajouta Pascal.

La petite sœur de Prestige se dirigea alors vers la sortie à vive allure. Pendant ce temps, le jeune homme éteignit la télévision, se leva de son canapé, et alla jeter la bouteille de jus vide qu’il tenait en main dans la cuisine. Par la suite, il prit également la direction de la porte et alla retrouver sa sœur. Arrivé dehors, Martine l’attendait adossée sur la portière coté chauffeur.

  • Dépêche-toi ! s’exclama-t-elle.
  • C’est bon, j’arrive. Ne sois pas si pressée, rétorqua le grand frère.

Le jeune homme verrouilla la porte derrière lui et alla rejoindre sa sœur qui venait tout juste de pénétrer dans le véhicule. Prestige attrapa la poignée de la portière et rentra à son tour dans la voiture.

Rose Martine introduisit mit le contact et tout le tableau de bord s’illumina tel un sapin de noël. Elle démarra ensuite et le moteur se mit à rugir. La jeune femme appuya puis relâcha l’accélérateur plusieurs fois, ce qui provoqua successivement la montée et la descende de l’aiguille du compte-tours. Prestige sortit alors la télécommande du portail de la poche de son blouson et appuya sur une des touches, ce qui provoqua l’ouverture de la barrière.

  • Tu peux y aller maintenant. La voie est libre, dit-il après avoir attaché sa ceinture de sécurité.

La demoiselle s’apprêtait à baisser le frein à main et à démarrer en grandes pompes lorsqu’elle se rendit compte qu’il manquait un élément très important. Martine sortit donc son téléphone portable de sa poche, le connecta à sa voiture via le Bluetooth, puis alla dans sa bibliothèque musicale. Elle lança alors un des morceaux présents dedans puis déposa l’appareil entre son frère et elle.

(Ready to Go by Panic! At the Disco)

Le morceau qui fut diffusé dans l’ensemble de la cabine n’était nulle autre que ‘Ready to Go’ chanté par le groupe Panic ! At the Disco. Bien que ce fût une chanson qu’il aimait également, il trouva que le volume était un peu trop fort. Dès lors, il essaya de la diminuer mais, au moment même où il approcha son doigt de la touche, sa petite sœur frappa violemment sa main.

  • C’est quoi ta déraille ? demanda-t-il en frottant sa main.
  • Ma voiture, ma musique, répondit la jeune femme.

Prestige Pascal comprenait très bien où elle voulait en venir. Il faisait la même chose lorsqu’il s’agissait de la sienne.

  • Tu es au courant que je n’avais nullement l’intention de changer de musique, n’est-ce pas ? Je voulais juste…
  • Peu importe ce que tu avais l’intention de faire, ma voiture, mes règles, l’interrompit-elle.
  • Ok, je comprends. Ta voiture, tes règles.

Maintenant que leur petit différent avait été réglé, il était désormais temps de passer aux choses sérieuses. La jeune femme abaissa le frein à main, passa mode séquentiel, puis démarra dans un énorme rugissement mécanique.

—–*—–

Alors que cela ne faisait que quelques secondes qu’ils venaient de quitter leur domicile, le compteur de la Nissan GTR affichait déjà une vitesse supérieure à 100 km/h et cela continuait de grimper. Quant à l’aiguille du second, cette dernière s’apprêtait à atteindre le chiffre 7. Dès lors, Martine retira temporairement son pied de la pédale des gaz, changea de vitesse, puis repartit de plus belle. Le bruit du turbo injectant de l’air se fit par la suite entendre.

Le frère de la conducteur, qui était aux premières loges pour assister à ses performances, avait l’air très nerveux. Il se mit à transpirer et à s’agripper fermement à son siège.

  • Tu trouves pas qu’on est un peu trop rapide ? demanda Prestige qui commençait à craindre pour sa vie.
  • Non. C’est comme ça que l’on conduit une voiture. D’ailleurs, je ne fais que m’échauffer. Le vrai jeu commencera au premier virage, dit la jeune femme.
  • Ah bon ? répondit Pascal, nerveux.

Les paroles de sa petite sœur ne le rassuraient pas, loin de là. Il avala nerveusement sa salive tandis qu’il pensait déjà au pire des scenarios.

Comme elle l’espérait, la toute première courbe de leur trajet arriva très vite. Alors qu’ils avaient dépassé depuis très longtemps les 200 km/h, la jeune femme ne semblait pas vouloir ralentir. Ce ne fut que cent mètres avant l’entrée du virage que la jeune femme se décida à appuyer sur la pédale des freins. Prestige fut alors très violemment attiré vers l’avant à cause de la brusque décélération. S’il ne portait pas sa ceinture de sécurité à ce moment, le jeune homme serait sans doute passé à travers le parebrise.

Le rythme cardiaque de Pascal s’accéléra tandis que sa petite sœur entamait son entrée dans le virage. Cette dernière, qui venait tout juste de relâcher la pédale des freins après avoir manœuvré le volant, mit brusquement les gaz. La voiture commença alors à glisser sur quatre roues tout le long de la courbe. Martine redressa le véhicule à la sortie du virage, changea à nouveau de vitesse, et repartit en grandes pompes.

—–*—–

Quelques kilomètres plus loin, sur le trajet qu’empruntaient le frère et la sœur, deux adolescents faisaient du skate. Le premier essayait d’exécuter certaines figures pendant que l’autre le filmait avec son téléphone portable. Celui ayant le skateboard en-dessous de ses pieds s’avança à toute vitesse vers les marches d’escalier se trouvant devant lui. Il fléchit ses genoux, prit appui sur sa planche, et effectua une première figure. Malheureusement, il la rata et dut recommencer depuis le début.

  • Mec, ça fait déjà dix fois que tu essaies de la réaliser. Peut-être que tu devrais abandonner, dit celui qui tenait la caméra.
  • Jamais ! Tant que je ne réussis pas, je recommencerai encore et encore jusqu’à ce que j’y parvienne, répondit l’autre tout en remontant les marches.

Une fois arrivé au sommet, il déposa sa planche à roulettes parterre et prit à nouveau de l’élan. Après avoir parcouru vingt mètres de distance, l’adolescent se retourna et fonça à toute vitesse vers les marches d’escalier. Il bondit de nouveau avec son skate et, après avoir effectué un certain nombre de mouvements avec ses pieds, parvint finalement à exécuter la fameuse figure.

  • Dis-moi que tu as capturé ça ? demanda-t-il à son ami.

L’adolescent, qui était visiblement très fière de lui-même, espérait que son camarade avait enregistré ce moment de gloire.

  • Pour qui me prends-tu ? Bien sûr que tout a été capturé et enregistré là-dedans, répondit-il.

Le jeune homme s’approcha alors de son ami pour que ce dernier lui montre la vidéo. Lorsqu’il voulut appuya sur le bouton lecture de son téléphone, ce dernier reçu une notification d’une des applications installées à l’intérieur. Il vérifia donc de laquelle il s’agissait.

  • Tu étais au courant qu’il y avait une course ce soir ? questionna-t-il.
  • Non pas du tout, rétorqua son ami.
  • C’est bizarre. Ca me dit ici qu’une voiture se déplaçant à très grande vitesse arrive dans notre direction.
  • Ca te dit qu’on aille voir ? demanda-t-il à nouveau.
  • Oh que oui ! dit le jeune homme, tout excité.

La décision ayant été prise, les deux adolescents attrapèrent leur skateboard et partirent en direction de la petite intersection se trouvant non loin de leur position. Ils se dépêchèrent cependant pour ne pas manquer le spectacle. Même s’ils pouvaient suivre le parcours de Martine par l’intermédiaire de leur application, c’était beaucoup plus excitant d’être sur les lieux.

Arrivés sur place, les jeunes gens sortirent leur téléphone portable et commencèrent immédiatement à filmer la route.

  • Tu l’entends ? Elle n’est plus très loin.
  • Ouais, t’as raison.

Les bruits du moteur qui rugit et des roues qui glissent sur le bitume devinrent de plus en plus prononcés. Il ne fallut pas très longtemps avant que les deux adolescents n’aperçoivent la Nissan GTR de Rose Martine. Cette dernière passa à côté d’eux en dérapant à très grande vitesse, emportant également avec elle une énorme trainée de fumée blanche avant de disparaitre au loin.

Les deux jeunes gens se regardèrent dans les yeux. Chacun ressentait à ce moment l’excitation de l’autre.

  • C’était…, dit l’un.
  • Extraordinaire, compléta l’autre.
  • Tu penses qu’elle appartenait à qui cette voiture ?
  • Je n’en ai absolument aucune idée mais ça promet d’être follement excitant.
  • Tu l’as dit ! Une nouvelle cible pour la Reine.

Les adolescents s’empressèrent de publier les vidéos qu’ils avaient faites sur leurs différents réseaux sociaux. Au grand dam du jeune homme qui s’était acharné à faire sa figure sur son skateboard, sa vidéo eut moins de succès que celle de la GTR.

—–*—–

Le duo sortit finalement de leur dernier virage et mit les gaz vers une zone de stationnement se situant pas très loin de leur position. Martine réduisit progressivement sa vitesse avant de finalement s’arrêter. Elle coupa le contact, tira le frein à main, et entama la conversation avec son frère.

  • Alors, comment tu trouves ma conduite ? questionna-t-elle.

Avant de répondre à son interrogation, Pascal dut d’abord attendre de reprendre un rythme cardiaque normal. Cette descente avait été une trop grande épreuve pour son pauvre petit cœur. Le jeune homme inspira profondément et expira plusieurs fois avant de pouvoir enfin se calmer.

  • Tu ne vas tout de même pas me dire que c’est ce petit truc qui t’a mis dans cet état, rétorqua la jeune fille en voyant son frère.
  • Petit truc ! Tu conduis comme une malade. J’ai bien cru que j’allais y rester, hurla Prestige.
  • Du calme ! J’avais tout sous contrôle. Bref, là n’est pas le sujet. Maintenant que tu as vu de quoi j’étais capable, tu vas me laisser participer à des courses, n’est-ce pas ?
  • Ai-je vraiment le choix ? Je te connais trop bien. Que je te donne ou pas mon autorisation, je sais que tu le feras de toute façon.
  • Pas faux !

Prestige Pascal jeta un coup d’œil à travers la vitre de la portière et regarda la ville qui s’affichait sous ses yeux.

  • Je ne sais pas encore ce que cet endroit nous réserve, mais promets-moi d’être très prudente, demanda le jeune homme à sa petite sœur.
  • Je ferai de mon mieux, répondit-elle.
  • Ce n’est pas vraiment la réponse que j’espérais.

Le jeune homme émit un dernier soupir avant de proposer à Martine de rentrer chez eux. La jeune femme accepta la proposition et remit le contact, ainsi que sa musique. Comme précédemment, Prestige reçut une tapette pour avoir essayé de changer la musique de Rose.

  • Tu me le paieras.
  • Je t’attends, j’ai pas peur.

A suivre !!!

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