S01 EP02

Lorsque le jeune homme se retrouva à l’extérieur de la librairie, il constata que non seulement que l’un des soleils était sur le point de se coucher, mais que le nombre de personnes dehors avait également diminué. L’adolescent décida donc de rentrer chez lui et pour ce faire, il devait à nouveau passer par le parc. Tandis qu’il marchait en face de l’espace vert, Gadriel ne put s’empêcher de faire une petite halte afin d’observer le magnifique paysage. Il n’était cependant pas le seul à le regarder. En effet, de nombreux couples s’étaient également arrêtés pour observer Géoshia masquer progressivement le soleil. Cela donna place à un spectacle à couper le souffle. Le reflet des rayons sur le couche atmosphérique et les anneaux de la planète créaient une colorimétrie unique dans le ciel d’Exoduus. A cela s’ajoutaient les déplacements majestueux des Gamals qui retournaient dans leurs nids et un magnifique défilé d’étoiles filantes.

Alors que Gadriel était concentré sur l’incroyable spectacle qui se déroulait devant ses yeux, il n’entendit pas les pas de la personne qui se rapprochait de lui. Lorsque cette dernière posa subitement sa main sur son épaule, le rythme cardiaque du jeune homme s’accéléra. Il sursauta puis se retourna pour constater que l’individu qui venait de lui faire peur n’était nulle autre que la personne pour qui il éprouvait le plus de sentiments après sa mère.

  • Jessabiel ! Tu m’as fait une de ces peurs, s’exclama-t-il après s’être calmé.

La jeune femme aux yeux couleur vert émeraude qui se tenait devant lui était sa seule et unique amie. Elle possédait une chevelure brune très soyeuse atteignant ses épaules, quelques taches de rousseur sur le visage, et avait la même taille que lui.

  • T’étais tellement concentré à regarder le ciel que je n’ai pas pu m’empêcher de te faire une petite surprise, répondit-elle.
  • Pour une surprise, c’en était une. J’ai vraiment cru que mon cœur allait exploser, rétorqua le jeune homme.
  • Je suis sincèrement désolée. Je n’avais pas l’intention de m’en prendre à ton pauvre petit cœur, dit-elle en souriant.

La demoiselle s’approcha de Gadriel, ce qui accéléra légèrement son rythme cardiaque. Il put alors sentir le doux parfum qui émanait d’elle.

  • Qu’est-ce qui ne va pas ? demanda soudainement Jessabiel.
  • Comment ça ? rétorqua le jeune homme.
  • Ton visage est devenu légèrement plus rouge, ajouta-t-elle.
  • Ah ! Tu parles de ça. Non cela doit surement être dû à la balle que j’ai prise en plein visage tout à l’heure, répondit Gadriel en détournant les yeux.
  • Comment c’est arrivé ? questionna-t-elle de nouveau en se rapprochant encore un peu plus de lui.
  • Des…des enfants jouaient ici tout à l’heure et comme j’avais la tête dans les nuages, je ne l’ai pas vue qui venait droit sur moi, répondit le jeune homme.
  • Est-ce vrai ?
  • Pour…pourquoi te mentirais-je ?

La proximité entre ces deux jeunes personnes était telle que le visage de l’adolescent devint encore plus rouge. Il ne pouvait pas s’en empêcher, c’était plus fort que lui. A un moment donné, le cœur de Gadriel battait si fort qu’il avait l’impression que tout le monde autour de lui était en mesure de l’entendre. Jessabiel le regarda très attentivement pendant quelques secondes avant de reculer brusquement.

  • Tu as raison. Tu n’es pas le genre à raconter des mensonges, lui dit-elle avec un sourire si beau qu’il fit des ravages chez le jeune homme.

Il fallut un certain temps à Gadriel pour qu’il puisse calmer son pauvre petit cœur. Dès que ce fut le cas, il reprit tranquillement sa conversation.

  • Dis Jessabiel, qu’est-ce que tu…
  • Gadriel, regarde ! l’interrompit-elle en pointant le doigt derrière lui.

Lorsque le jeune homme se retourna, il comprit immédiatement ce qui avait attiré l’attention de la demoiselle. Derrière lui, un spectacle multicolore se produisait. De petites météorites de diverses couleurs pénétraient dans l’atmosphère d’Exoduus avant de disparaitre complètement.

  • Waouh ! Comme c’est beau, s’extasia Jessabiel.
  • Je suis bien d’accord avec toi. C’est vraiment magnifique, rajouta-t-il.

Les deux observèrent le ciel en silence pendant de très nombreuses minutes avant que Gadriel ne se remettre à nouveau à parler.

  • Dis Jessabiel, penses-tu que lorsqu’on aime une personne, on l’abandonne derrière soi ? demanda le jeune homme en arborant une triste expression faciale.
  • Pourquoi tu me poses cette question ? rétorqua-t-elle.
  • Non, oublie ! C’était très déplacé de ma part de te demander ce genre de chose, dit-il.

Le jeune homme adopta immédiatement après une nouvelle expression, passant alors d’une personne triste à une personne cherchant à cacher sa douleur derrière un faux sourire.

  • Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu me caches quelque chose. Tu sais que tu peux tout me dire, n’est-ce pas ? déclara Jessabiel.
  • T’inquiète Jessabiel. Ce n’est rien de bien grave, répondit-il.

La demoiselle ne croyait pas ce que son ami lui disait, surtout en voyant l’étrange sourire qu’il affichait. Bien qu’elle voulut en savoir plus, elle préféra ne pas poser plus de questions, pensant qu’il parlerait lorsqu’il se sentirait prêt à le faire.

  • Si tu le dis, alors ok.

Jessabiel s’approcha de Gadriel et attrapa sa main. Elle le regarda ensuite droit dans les yeux, ce qui accéléra de nouveau son rythme cardiaque.

  • Gadriel, je ne sais pas ce que tu traverses en ce moment et peut-être que je ne le saurai jamais, mais promets-moi une chose. Promets-moi de ne faire aucune bêtise, lui demanda-t-elle.

Devant le regard de cette jeune femme, l’adolescent ne put se résoudre à lui refuser cette promesse. Il ne pouvait pas imaginer à quel point elle serait triste s’il venait à mystérieusement disparaitre comme sa mère. Il lui garantit donc que cela n’arriverait jamais, ce qu’elle apprécia grandement. Le duo reprit ensuite là où il s’était arrêté et continua de regarder le spectacle dans ciel en étant cette fois-ci assis sur la pelouse du parc. Les minutes passèrent et le couple profitait de ce moment magique comme les autres. Ce fut alors qu’une voix retentit au loin, cette dernière prononçant inlassablement le nom de la jeune femme. Les deux la reconnurent immédiatement.

  • Oh mon Dieu ! Il est quelle heure ? demanda Jessabiel en panique.

Gadriel la lui indiqua alors, ce qui renforça le sentiment d’inquiétude de la jeune femme. Pendant ce temps, la personne criant le nom de la demoiselle se rapprochait de plus en plus d’eux. Parallèlement, l’expression faciale de l’adolescent changeait progressivement, passant de la joie au dédain.

  • Jessabiel ! Qu’est-ce que tu fais avec lui à une heure aussi tardive ? questionna le jeune homme qui venait d’arriver auprès d’eux.

Cette personne aux cheveux châtain clair et aux yeux bruns n’était nulle autre que Reigns, le frère jumeau de la demoiselle. Sa présence parmi eux créa une sorte d’atmosphère très lourde.

  • Tu sais…
  • Toi, je ne t’ai pas sonné. C’est à ma sœur que je parle, interrompit-il brusquement Gadriel.
  • Je vois qu’un inculque comme toi ne connait toujours pas la politesse, rétorqua l’adolescent.
  • Qu’est-ce que t’as dit microbe ? questionna Reigns, en colère.

Le frère de Jessabiel, qui était beaucoup plus musclé que Gadriel, le saisit alors par le col de son t-shirt et le menaça avec son poing.

  • Répète ce que t’as dit pour voir microbe, dit de nouveau Reigns.
  • Tous les deux ça suffit ! essaya d’intervenir Jessabiel.
  • Si je suis un microbe, alors comment dois-je te considérer toi qui est moins intelligent que moi ? rétorqua l’adolescent.

A cet instant, la jeune femme sut que si elle ne les arrêtait pas, ces deux-là allaient se battre et son frère ne ferait qu’une bouchée de Gadriel.

  • J’ai dit, ça suffit ! hurla-t-elle en s’interposant entre les deux.

Son intervention attira l’attention de tous ceux qui se trouvaient autour d’eux. Ils se demandèrent alors ce qui pouvait bien se passer entre les trois jeunes adolescents.

  • Mais Jessabiel…
  • J’ai dit cela suffit. D’ailleurs, qu’est-ce que tu fais ici ? coupa-t-elle la parole à son propre frère.

C’était la première fois que Gadriel la voyait se mettre dans un tel état, ce qui le perturba et l’effraya en même temps.

  • En voyant que tu n’étais toujours pas rentrée, père et mère m’ont envoyé te chercher, répondit Reigns.
  • Tu peux avancer. Je te rejoindrai dans quelques minutes, rétorqua la jeune femme.
  • Mais les parents…
  • Je t’ai dit d’avancer, haussa-t-elle la voix cette fois-ci.

Reigns n’eut d’autre choix que d’obéir à l’ordre de sa sœur. Toutefois, avant de les quitter, il lança un regard meurtrier à Gadriel. Lorsque la demoiselle et l’adolescent se retrouvèrent de nouveau seuls, cette dernière s’excusa pour le mauvais comportement de son jumeau.

  • Tu n’as pas à t’inquiéter pour cela. D’ailleurs, c’est pas comme si lui et moi allions un jour nous entendre, rétorqua le jeune homme.
  • Ne dis pas ça s’il-te-plait. Je suis sure que si vous apprenez à vous connaitre, vous serez les meilleurs amis du monde, dit-elle.
  • J’en doute fort.
  • En tout cas, je vais devoir y aller. Mais avant tout, ca te dirait qu’on aille se balader demain ? Histoire de me faire pardonner de t’avoir mis dans cette situation avec mon frère, dit-elle.
  • Ce serait vraiment génial, dit Gadriel avec enthousiasme.
  • Cool alors.

Jessabiel commença à s’éloigner du jeune homme puis, après quelques pas, s’arrêta brusquement.

  • Regarde ! s’exclama la demoiselle en pointant de nouveau le ciel.

Gadriel se retourna alors pour voir de quoi il s’agissait, mais ce dernier ne vit rien du tout.

  • Qu’est-ce que je…

Le jeune homme n’eut pas le temps de finir sa phrase que de douces lèvres vinrent se poser sur sa joue. Il fit demi-tour et vit la demoiselle toute souriante lui disant au revoir de la main avant de s’éloigner en courant. Gadriel mit la main sur sa joue, il pouvait encore sentir la douceur de Jessabiel sur lui.

Apres plusieurs minutes debout au milieu du parc à observer le ciel, l’adolescent décida de rentrer chez lui. Sur le trajet, il passa à côté d’un père, d’une mère, et leur enfant. La simple vue de cette gamine se balançant avec l’aide de ses parents l’attrista grandement. Cela lui rappela ce qu’il n’avait plus. Il essaya cependant de garder le moral, il ne pouvait faire autrement.

Gadriel arriva finalement chez lui. Il passa alors sa main sur la console se trouvant à côté de l’entrée. Un scan eut alors lieu et, une fois son identité validée, il franchit le pas de la porte.

  • Bienvenu à la maison Gadriel. Comment s’est déroulée ta journée ? dit Eve en se matérialisant une fois qu’il se retrouva à l’intérieur.
  • Bonsoir Eve. La journée était comme d’habitude remplie de hauts et de bas, répondit-il en refermant derrière lui.
  • Toujours aucune nouvelle de ta mère ? interrogea-t-elle de nouveau.

En écoutant sa question, Gadriel repensa à la conversation qu’il eut ce matin avec l’agent des forces de l’ordre.

  • Ils ont dit qu’ils continuaient leurs recherches. Je passerai d’ailleurs là-bas demain matin pour voir à quel niveau ils en sont, rétorqua le jeune homme en affichant une triste mine.
  • Je vois. Veux-tu que je te prépare à manger ?

Eve savait très pertinemment que l’adolescent ne lui disait pas la vérité. Elle n’insista cependant pas de peur de le brusquer et préféra lui proposer une alternative, pensant qu’un bon repas lui remonterait le moral.

  • Non merci, je n’ai pas très faim. Je vais juste monter prendre une douche et me coucher, lui dit Gadriel.

L’adolescent ne dit plus aucun mot et prit la direction de sa chambre. Arrivé dans la pièce, il retira son bracelet et tous ses vêtements, puis fit un tour dans la salle de bain. Il y passa de très nombreuses minutes avant de ressortir. Le jeune homme enfila alors de nouveaux habits et se coucha par la suite sur le lit.

  • Eve ! s’exclama-t-il subitement.
  • Oui Gadriel, répondit-elle à son appel.
  • Merci beaucoup. Merci d’être toujours là et de prendre soin de moi. Je sais que ca ne doit pas être facile tous les jours et je m’en excuse profondément, mais je tiens juste à te dire que j’apprécie énormément tout ce que tu fais pour moi, rétorqua l’adolescent.
  • Tu n’as pas à t’en faire. Peu importe ce qui arrivera, je serai toujours présente pour toi. Tel est mon devoir, lui dit-elle.

Tandis que ses paupières devenaient de plus en plus lourdes, le jeune homme la remercia une nouvelle fois. Il ferma ensuite ses yeux et s’endormit, une larme coulant à ce moment le long de son visage.

A suivre !!!

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