Day 05

Alors qu’il s’apprêtait à dormir, extenué par tout ce qu’on venait de lui faire, Chrees sentit un petit objet faire pression contre sa cuisse. Ne pouvant pas l’atteindre avec ses mains qui étaient liées dans son dos, le jeune homme se vit obliger de se trainer jusqu’à son niveau. Ce fut donc après de nombreuses dizaines de secondes de dure labeur qu’il parvint à saisir cette petite chose. Il tata un peu pour voir ce que c’était et se rendit compte qu’il s’agissait de deux petites clés. Après avoir ressassé ses souvenirs, il se rappela qu’Alicia portait autour de son cou un jeu similaire.

Moure attrapa donc les deux objets puis se contorsionna dans tous les sens afin de faire passer ses bras devant lui. C’était pour lui une activité bien douloureuse mais il n’avait pas le choix. Ce n’était qu’une simple question de temps avant que la jeune femme ne se rende compte de l’absence de ces deux clés autour de son cou. Après plus d’une minute de dure labeur, Chrees parvint finalement à passer ses bras devant lui. Dès lors, il inséra une première clé dans la serrure des menottes qui liaient ses pieds, puis celle au niveau de ses poignets.

Lorsque le jeune homme se retrouva libre de ses mouvements, la première chose qu’il fit fut de retirer le préservatif que Veronica avait laissé sur sa bite après leur rapport sexuel non consenti puis la boule de geisha qu’il avait dans la bouche. Ensuite, il caressa délicatement ses parties intimes qui lui faisaient extrêmement mal. Ses yeux s’étant habitués à la luminosité de la pièce il y a de cela fort longtemps, Chrees regarda vite fait autour de lui si ses vêtements ne se trouvaient pas dans un coin. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Il allait donc devoir s’échapper de cet endroit dans son état actuel.

Moure se releva donc et se dirigea doucement vers l’unique entrée et sortie. Sa démarche était étrange à cause du traitement qu’avaient subi ses parties intimes. Arrivé devant la porte d’entrée, le jeune homme saisit la poignée et la tourna, uniquement pour se rendre compte qu’elle était verrouillée.

  • Merde ! s’exclama-t-il.

Chrees regarda de nouveau autour de lui s’il n’y avait pas un objet pouvant l’aider à crocheter la serrure. La seule chose qu’il pouvait désormais faire était d’attendre que la jeune femme revienne dans la pièce pour récupérer ses clés.

—–*—–

Pendant ce temps, Veronica venait d’arriver dans sa chambre. La jeune femme balança ses affaires dans un coin et déposa le plateau sur un des meubles. Elle prit ensuite la direction de la salle de bain afin de prendre une bonne douche avant de dormir. Alicia pouvait encore sentir son corps frémir de plaisir. Il fallait dire que le fait de contrôler un homme de la sorte l’excitait énormément et rendait donc ses relations sexuelles avec lui beaucoup plus intenses. C’était une chose qu’elle n’avait jamais vraiment éprouvé dans ses précédentes liaisons, ses partenaires étant beaucoup plus axés sur leurs plaisirs personnels.

Lorsque la jeune femme arriva dans la salle de bain, elle passa une première fois devant le miroir et alla ouvrir le robinet. Un mélange d’eau chaude et d’eau froide se mit ensuite à couler, remplissant progressivement la baignoire. Par la suite, la demoiselle y ajouta certains produits moussants très parfumés. En attendant qu’elle se remplisse, Alicia retourna dans sa chambre afin de prendre les vêtements avec lesquels elle allait se coucher, passant une nouvelle fois devant le miroir.

Ce ne fut que lorsqu’elle revint dans la salle de bain avec son pyjama en main qu’elle s’arrêta enfin devant la surface réfléchissante. Elle regarda alors son reflet, trouvant que quelque chose clochait. Ce ne fut qu’après quelques secondes de réflexion qu’elle se rendit compte que les deux petites clés qu’elle portait tout à l’heure autour de son cou n’étaient plus présentes à cet emplacement.

  • Non ! Non ! Non ! Non ! s’exclama-t-elle en lâchant ce qu’elle tenait dans les mains.

Veronica retourna dans sa chambre en courant et se mit à fouiller les vêtements qu’elle avait balancés dans un coin précédemment.

  • Où sont-elles ?! Où sont-elles putain ?! rétorqua la jeune femme en insérant sa main dans chacune des poches.

Ne les trouvant dans aucun des vêtements, la jeune femme comprit qu’elles ne pouvaient être qu’à un seul endroit. Dès lors, sans enfiler le moindre habit, Alicia attrapa la clé de la porte et fonça vers la salle dans laquelle était enfermé Chrees. Alors que Veronica entrait dans la pièce avec précipitation, elle ne fut pas assez sur ses gardes et reçue un violent coup sur la tête, ce qui l’envoya à terre mais ne la fit pas perte connaissance.

  • Bien fait pour ta gueule, sale pute ! s’exclama le coupable de cet acte.

Bien que sa vue était légèrement floutée par le choc et le sang, Alicia parvint à distinguer Chrees tenant dans ses mains la chaise métallique sur laquelle elle avait l’habitude de l’attacher. Le jeune homme relâcha l’objet en acier et se dirigea vers la demoiselle. Il lui donna ensuite un premier coup de poing au visage, puis un second.

  • Alors poufiasse, ça fait quoi d’être celle qui reçoit les coups ? demanda-t-il entre deux frappes.

Toute la frustration et la colère du jeune homme s’évacua donc sous la forme d’attaques incessantes envers Veronica.

  • Attends que j’appelle les flics sale chienne. Tu vas finir tes jours derrière les barreaux, s’exclama Moure en lui donnant un dernier coup de pied au niveau de l’abdomen.

Ayant fini de décharger toute sa colère sur mademoiselle Garnier, le jeune homme prit la direction de la sortie. Ce fut à ce moment qu’il marqua qu’à l’extérieur de la salle dans laquelle il avait été enfermé pendant des jours se trouvait un long couloir et une autre porte. Il comprit alors pourquoi personne n’avait entendu ses cris d’agonie durant tout ce temps. Chrees monta ensuite des escaliers et se trouva quelques instants après dans le bar de la demoiselle.

Le jeune homme chercha du regard la présence d’un téléphone duquel il pourrait appeler la police. Heureusement pour lui, il y en avait un derrière le comptoir. Peut-être était-ce parce que cela faisait très longtemps ou peut-être était-ce simplement dû au fait qu’il était très stupide mais Moure ne chercha pas à contacter les forces de l’ordre dans l’immédiat. Non, monsieur attrapa un verre dans lequel il versa quelques litres d’alcool pris sur l’étagère derrière lui. Ce ne fut qu’après cela qu’il saisit le combiné et commença à former le numéro de la police.

  • 911 ! Quelle est votre urgence ? rétorqua la standardiste à l’autre bout du fil.

Avant même que le jeune homme ne puisse prononcer le mot ‘Allo,’ la demoiselle qu’il croyait inconsciente jusqu’à présent surgit derrière lui et l’attaqua.

  • Allo ! Vous m’entendez ? demanda de nouveau la personne au bout du fil, n’écoutant que des bruits sourds et des injures.

Bien que certaines parties de son corps lui faisaient atrocement mal, Alicia ne recula devant rien pour flanquer la racler de sa vie à la personne qu’elle avait sous les yeux. De plus, contrairement à lui, elle savait exactement où frapper pour infliger le plus de dégâts possible. Ce fut donc sans grande surprise qu’elle parvint aisément à maitriser et à mettre hors d’état de nuire Chrees Moure.

  • Vous m’entendez ? Une unité sera sur les lieux dans quelques minutes, entendit Alicia lorsqu’elle saisit le téléphone.

La jeune femme regarda alors autour d’elle. Non seulement son bar était dans un état pitoyable des bouteilles, des verres, et quelques meubles cassés, mais Chrees était également inconscient sur le sol. Il fallait qu’elle agisse au plus vite avant l’arrivée de la police.

Alicia monta vite à l’étage chercher les comprimés de somnifères, un verre, une bouteille d’eau, et sa serviette. Elle revint ensuite au rez-de-chaussée et donna de force le médicament au jeune homme avant de le trainer dans le placard à balais. La demoiselle referma derrière elle et jeta par la suite le morceau de tissu dans un coin bien visible. Il ne restait plus qu’à s’occuper d’un dernier petit détail et son plan d’évasion serait parfait. Pour cela, la jeune femme se dirigea à l’extérieur de son bar mais vérifia d’abord qu’il n’y avait aucune voiture de police à l’horizon. Dès que cela fut fait, elle donna un coup de poing dans la vitre de la porte puis retourna à l’intérieur où elle s’assit au comptoir afin de réfléchir sur l’histoire qu’elle allait donner.

Les gyrophares bleu et rouge firent leur apparition quelques instants plus tard. Deux policiers sortirent du véhicule et se dirigèrent vers la porte d’entrée du bar pour uniquement constater que cette dernière avait été forcée. Dès lors, les deux sortirent leur arme à feu et leur torche.

  • He ho ! Y a-t-il quelqu’un à l’intérieur ? demanda l’un deux en rentrant dans l’établissement.
  • Dieu merci ! Vous êtes enfin arrivés, répondit Alicia avec un ton légèrement dramatique en se précipitant vers eux.
  • Vous allez bien madame ?! questionna l’autre officier en voyant l’état dans lequel Veronica se trouvait.
  • Est-ce que j’ai l’air d’aller bien selon vous, dit-elle en pointant du doigt le sang sur son visage.
  • Calmez-vous madame et expliquez-nous ce qui s’est passé ? demanda le policier.
  • Ne serait-ce pas mieux qu’elle aille d’abord se vêtir ? rétorqua l’autre.

A ce moment, Alicia fit semblant de remarquer qu’elle était complètement dénudée et cacha donc ses parties intimes avec les bras. Elle chercha ensuite sa serviette du regard et, lorsqu’elle la trouva, alla la chercher. Une fois recouverte, elle expliqua ensuite aux deux policiers qu’elle était la propriétaire du bar et qu’elle était sur le point de prendre son douche à l’étage du dessus lorsqu’elle entendit un bruit en provenance du rez-de-chaussée. Dès lors, elle descendit pour voir ce que c’était, uniquement pour se rendre compte qu’il s’agissait d’un cambrioleur. Il s’en suivit alors un combat entre les deux et elle parvint à le faire fuir.

  • L’individu vous a-t-il dérobé quoi que ce soit de valeur avant de s’en fuir ? interrogea le policier.
  • Non, pas que je sache. Un instant s’il-vous-plait, répondit la jeune femme.

Veronica se dirigea alors derrière le comptoir et ouvrit la caisse enregistreuse. Elle était presque vide, ce qui était tout à fait normal car la demoiselle avait retiré la majorité des billets pour les mettre dans le coffre-fort de son bureau.

  • Tout semble en place. Heureusement que je les avais retirés après le service d’hier soir, déclara mademoiselle Garnier.

A ce moment, l’officier des forces de l’ordre remarqua la boite de somnifères posée sur le comptoir. Alicia se justifia alors en disant que c’était la sienne, qu’elle avait des difficultés à dormir la nuit, et qu’elle les utilisait donc pour trouver plus rapidement le sommeil. L’homme n’y preta pas plus attention et poursuivit son interrogatoire.

  • Votre établissement est-il équipé de caméras de surveillance qui puissent nous aider à identifier l’individu ? demanda l’agent de police.
  • Malheureusement non. J’ai toujours voulu en installer mais je n’ai fait que reporter cela jusqu’à présent, répondit Alicia.
  • Je vois. Alors, pouvez-vous nous donner sa description ? questionna de nouveau l’homme.
  • Oui, monsieur l’agent.

Mademoiselle Garnier lui dit alors que l’homme qui avait tenté de voler chez elle était grand de taille, aux alentours d’un mètre quatre-vingts, était musclé, avait une cicatrice en forme de V sur la joue droite. Elle donna ensuite les traits de son visage comme la forme de ce dernier et la couleur de ses cheveux. L’officier de police inscrivit soigneusement cela sur un bloc-notes qu’il avait sorti.

  • Une minute ! Vous voulez me dire que vous avez réussi à faire fuir un homme d’un tel gabarit ?! questionna le second agent de police.
  • En quoi est-ce étonnant ? Je n’en ai peut-être par l’air mais je suis ceinture noire en karaté full contact. Je peux vous montrer mes certificats si vous voulez, déclara la jeune femme, légèrement vexée.
  • Pas besoin madame, répondit l’homme.
  • Madame, nous allons lancer un avis de rechercher avec les informations que vous nous avez fournies. Maintenant, avez-vous besoin qu’on appelle une ambulance pour traiter votre blessure au visage ? rétorqua l’agent de police.
  • Non merci. Merci de vous inquiéter mais ce n’est qu’une légère entaille, dit la propriétaire du bar.

L’histoire inventée par Alicia semblait fonctionner à merveille. Toutefois, malgré les comprimés qu’elle lui avait donnés, la demoiselle craignait toujours que Chrees ne se réveille ou qu’il ne fasse un mouvement brusque qui risquerait de faire du bruit dans le placard à balais et ainsi attirer l’attention des policiers.

  • Ok ! Juste par précaution, mon collègue et moi allons appeler une autre patrouille pour qu’elle stationne devant chez vous. C’est juste au cas où l’individu referai surface, dit l’homme.
  • Je vous en remercie sincèrement, rétorqua Veronica.
  • Nous ne faisons que notre devoir madame, déclara l’autre agent de police.

Les deux hommes prirent la direction de la sortie, accompagnés par la jeune femme qui les observa monter dans leur véhicule avant de refermer la porte à clé derrière elle. Cette dernière regarda ensuite les dégâts causés par son altercation avec Moure et se dit que cela allait lui couter beaucoup d’argent.

  • En tout cas, c’est mieux que de finir en prison, pensa-t-elle.

Alicia retourna vers la placard à balais et se tint debout devant un jeune homme inconscient. Son expression faciale changea grandement. Ce n’était plus celui de la demoiselle en détresse mais plutôt celui d’une femme extrêmement en colère. D’ailleurs, elle profita de l’occasion pour asséner un coup de pied dans les parties intimes de Chrees. Elle l’attrapa ensuite par les pieds et tira jusqu’en bas. Bien sûr, elle n’en avait rien à foutre du fait qu’il se fasse mal dans les escaliers. Pour elle, il le méritait amplement.

Apres plusieurs minutes d’effort, Veronica Garnier parvint à ramener Chrees Moure dans sa prison. La jeune femme le menotta de nouveau, plaça la boule de geisha dans sa bouche, et s’assura cette fois-ci de récupérer toutes les clés avant de quitter la pièce. Elle remonta ensuite récupérer sa serviette qui était tombée durant son petit trajet, puis fit route dans sa salle de bain. Comme si cela ne suffisait pas, lorsqu’elle arriva sur place, elle trouva la pièce complètement inondée. Elle avait oublié de fermer l’arrivée d’eau avant de sortir tout à l’heure.

  • Encore des dépenses ! Fais chier ! s’exclama-t-elle avant d’arrêter le robinet.

La demoiselle se regarda dans le miroir et se promit de rendre les séances de torture de son prisonnier beaucoup plus douloureuse. Alicia évacua toute l’eau de la baignoire puis aller chercher une serpillère au rez-de-chaussée. Elle retourna par la suite dans sa chambre et commença à tout nettoyer. Le soleil était sur le point de se lever lorsqu’elle termina. Veronica dégoulinait alors de sueur. La jeune femme décida donc de prendre une douche rapide, puis d’aller se coucher. A son réveil, elle comptait appeler un vitrier et commander de nouveau meubles en ligne.

A suivre !!!

Laisser un commentaire