La promotion 04

Natacha se réveilla brusquement durant la nuit. Elle regarda autour d’elle et se rendit compte qu’elle se trouvait dans sa chambre à coucher et que son fiancé dormait à côté d’elle, mais qu’il était également près de 3 heures du matin. En le voyant aussi paisible, son cœur se serra. Elle l’aimait tellement et voulait lui dire ce qu’elle avait subi la veille, mais cela lui était impossible d’autant plus que dans le cauchemar qu’elle venait faire, monsieur Invictus mettait ses menaces à exécution. Elle perdit donc son emploi, son futur, son fiancé, et se retrouva complètement seule.

La jeune femme se leva donc de son lit et retourna dans le séjour où elle s’assit dans leur canapé. Recroquevillée sur elle-même, Natacha se demanda ce qu’elle avait bien pu faire au ciel pour mériter un tel châtiment. Elle aurait bien voulu rejeter la faute sur Enola, mais cette dernière n’avait fait que l’encourager à prendre une décision qui lui tenait à cœur. Si seulement elle ne lui avait pas demandé cette maudite promotion, tout ceci ne serait jamais arrivé. Il était désormais trop tard pour faire machine arrière. Tout ce qui lui restait à faire était d’endurer ce châtiment jusqu’à ce qu’il se termine.

Les heures passèrent et mademoiselle Barnes était toujours assise dans son canapé avec un regard vide qui fixait l’écran de télévision éteint. Ce fut seulement quand le soleil commença à pointer le bout de son nez que la jeune femme se leva finalement de son siège et partit en direction de la salle de bain. Lorsqu’elle repassa dans la chambre à coucher, Mike dormait toujours paisiblement. Natacha fit donc tout pour ne pas le réveiller.

—–*—–

Michael Orzak se retourna soudainement dans son lit. Alors qu’il tendait sa main pour attendre sa bien-aimée, il ne la sentit pas auprès de lui. Il éprouva cependant la fraicheur caractérisée par une couche qui n’avait pas été occupée pendant des heures. Ce fut qu’après cette constatation qu’il entendit de l’eau qui coulait dans la salle de bain. Le jeune homme se leva donc du lit et alla faire un tour dans la douche. Son premier réflexe fut de vérifier si Natacha n’avait pas verrouillé la porte à clé comme elle l’avait fait la veille. Cette dernière s’ouvrit sans problème et il pénétra à l’intérieur de la pièce.

  • Chérie, tu t’es levée très tôt aujourd’hui ? dit-il pas la suite.
  • Bonjour bébé ! Oui, j’ai eu du mal à faire l’œil cette nuit, répondit la jeune femme.
  • C’est sûrement à cause de stress, déclara Mike.
  • Tu as sans doute raison. Je n’ai absolument aucune idée des évaluations…

Natacha s’arrêta brusquement de parler. Le jeune homme l’appela alors plusieurs fois pour savoir ce qui n’allait pas. Ce ne fut qu’après avoir prononcé son prénom pour la troisième fois consécutive que la demoiselle revint à elle.

  • Excuse-moi. J’avais l’esprit ailleurs, rétorqua-t-elle par la suite.
  • Ça, j’avais remarqué. Sinon, tu me voulais dire quoi ? déclara Mike.
  • Ah ! Je voulais te dire que je n’avais aucune idée des évaluations que mon patron allait bien me donner, répondit Natacha.
  • En parlant de ça, il ne t’a pas dit durant combien de temps tu allais passer ces soi-disant tests ? dit l’homme tout en allant se regarder dans le miroir.
  • Non, il n’a pas été spécifique sur ce sujet, dit la jeune femme.

Mike l’ignorait, mais derrière le rideau de douche qui les séparait se trouvait une jeune femme désespérée qui souhaitait ardemment qu’il lui demande de passer la journée avec lui. À cet instant précis, il était préférable pour Natacha de rester à la maison blottie dans les bras de son fiancé que d’aller au travers pour subir d’autres monstruosités de la part de son patron. Malheureusement pour elle, le jeune homme lui dit qu’elle n’avait pas à s’en faire, que c’était une battante qui ne reculait devant aucun défi, et qu’elle finirait par obtenir cette promotion qu’elle désirait tant.

  • Tu as raison. Je vais faire de mon mieux pour l’obtenir, rétorqua mademoiselle Barnes avec une certaine amertume dissimulée dans le ton de sa voix.

Natacha sortit de la douche quelques instants plus tard. Le jeune homme ne put alors s’empêcher d’admirer son corps mouillé. Bien qu’il l’avait vu de nombreuses fois dans son état le plus naturel, l’effet était toujours aussi magique.

  • Tu peux me passer la serviette ? lui demanda-t-elle.
  • Je te passe tout ce que tu veux bébé, répondit le jeune homme.
  • Très drôle. Allez, passe-moi la serviette s’il te plait, dit-elle de nouveau en souriant légèrement.

Mike finit par s’exécuter et lui donner ce qu’elle demandait. La demoiselle l’enfila alors autour de sa taille avant de sortir finalement de la douche. Elle passa devant lui et vint se placer devant le miroir où elle attrapa son sèche-cheveux. Le jeune homme l’observa très attentivement tandis que ses pulsions devenaient de plus en plus intenses. Il voulut alors la prendre dans ses bras, l’embrasser, et lui faire certaines choses sexy, mais il se rappela qu’elle ne devait pas être en retard à son boulot, surtout pas en jour très important. Il se contenta donc de la regarder s’occuper de sa chevelure et du reste de son corps avec délicatesse et attention. Dès qu’elle termina, cette dernière quitta la salle de bain en lui lançant un regard très provocateur.

  • Sale petite peste ! Tu ne m’auras pas, rétorqua-t-il.

Orzak retira le short qu’il portait et, contre toute attente, fonça sous la douche au lieu de rejoindre sa bien-aimée. En entendant l’eau de la douche couler, Natacha Barnes comprit que monsieur n’allait pas venir la rejoindre. Elle n’avait plus d’autre choix que de s’habiller et de se préparer pour sa nouvelle journée de travail.

Lorsque Mike sortit de la salle de bain plusieurs dizaines de minutes plus tard, Natacha avait déjà enfilé sa tenue de travail. Cette dernière était constituée d’une chemise blanche à manches courtes assortie d’une jupe noire et de talons aiguilles de la même couleur.

  • Eh bien ! s’exclama le jeune homme en la voyant.

La demoiselle lui sourit puis attrapa son sac à main. Alors qu’elle s’apprêtait à sortir de la maison, Mike lui demanda si elle ne prenait pas son petit-déjeuner, ce à quoi elle répondit qu’elle achèterait un café et un sandwich au Starbucks. Le couple s’embrassa une dernière fois, et la jeune femme quitta le domicile. Alors que Natacha s’approchait de son véhicule, le faux sourire qu’elle afficha au moment où Mike et elle échangèrent un baiser disparut pour laisser place à une expression beaucoup plus terne. Mademoiselle Barnes monta alors dans sa voiture et prit la direction de son lieu de travail.

—–*—–

La jeune femme aux cheveux gris-argenté arriva sur son lieu de travail une trentaine de minutes plus tard. Alors qu’elle venait de se garer sur le parking, elle observait les portes de l’ascenseur et se rappela ce qui s’était déroulé la veille. Après plusieurs inspirations et un énorme effort pour mettre les mauvais souvenirs de côté, Natacha attrapa ses affaires et descendit de sa voiture. Elle marcha alors en direction de son bureau. Quand la jeune femme arriva au dernier étage du bâtiment, Tess se trouvait déjà sur place.

  • Bonjour Natacha ! s’exclama-t-elle lorsqu’elle vit mademoiselle Barnes.
  • Salut Tess, répondit-elle au moment où elle s’assit.
  • Monsieur Invictus a demandé à te voir dès ton arrivée, dit de nouveau la jeune femme.

Au moment où elle entendit ces mots, un frisson parcourut l’ensemble de son corps. Jamais elle n’aurait imaginé qu’il commencerait aussitôt. Natacha se leva donc et alla cogner à la porte du bureau de son patron.

  • Entrez ! rétorqua-t-il de façon autoritaire.

Mademoiselle Barnes saisit la poignée de porte et rentra dans la pièce. Son corps battait très fort alors qu’elle se demandait ce qu’il pouvait bien lui vouloir.

  • Bonjour monsieur ! s’exclama Natacha.
  • Mademoiselle Barnes ! Comment vous portez-vous ? rétorqua l’homme d’affaires en se retournant vers la jeune femme.
  • Je me porte à merveille et vous ? répondit-elle en évitant le contact visuel.
  • Tout se déroule à merveille. J’ose espérer que les termes de notre accord sont toujours d’actualité, dit monsieur Invictus.
  • Non, je n’oserai jamais, déclara Natacha.
  • Je l’espère. Vous savez ce qui se produirait si cela venait à se produire, rétorqua l’homme d’affaires en affichant un sourire narquois.

Cette brève discussion avait ajouté une énorme pression sur ses épaules et sur son cœur également. Elle prenait de plus en plus ampleur de la situation dans laquelle elle se trouvait, de la manière dont cette personne était en train de la manipuler. Elle n’était désormais plus qu’un simple pion dans le creux de sa main et pouvait à tout instant faire d’elle tout ce qu’il voulait. Après quelques secondes de silence, la jeune femme finit par demander à monsieur Invictus la raison pour laquelle elle voulait le voir.

  • Avez-vous des projets pour ce week-end ? questionna soudainement l’homme d’affaires.
  • Pas vraiment monsieur, répondit la jeune femme.
  • Parfait ! J’organise une petite réunion avec quelques connaissances à moi et votre présence est requise. Une voiture vous attendra ce matin dans le parking sous-terrain, rétorqua monsieur Invictus.

Natacha Barnes resta bouche bée. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle venait de se faire inviter par l’homme le plus influent de la ville, mais se demandait surtout ce qu’il avait derrière la tête, d’autant plus qu’il n’était pas du genre à faire quelque chose sans arrière-pensée. La jeune femme se contenta donc de garder le silence face à cette proposition.

  •  Maintenant que cela a été dit, vous pouvez retourner à votre poste. N’oubliez pas de fournir les rapports relatifs au développement de nos nouveaux produits. Contactez également le chef du service markéting et dites-lui de venir dans mon bureau, ordonna monsieur Invictus.
  • Est-ce tout ? demanda mademoiselle Barnes.
  • Oui, pour le moment. Les autres activités attendront la fin de la journée, répondit-il en allant s’assoir derrière son bureau.

Natacha se retourna et marcha en direction de la porte. Quelques secondes plus tard, elle quitta le bureau de son patron et partit exécuter ses ordres.

A suivre !!!

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