Partie 01 Acte 00

Mercredi 17 martius 2017

Banque Nationale Arter, par une belle matinée. La plus grande institution bancaire de A City, la plus grande ville de la zone Arizona des Nations-Unies d’Amérique, connaissait son flux quotidien de clients. Certains d’entre eux y étaient présents pour effectuer des retraits d’argent, d’autres pour en déposer, et il y avait également ceux venant consulter leur banquier pour régler divers problèmes concernant leurs comptes. Une petite dame âgée aux cheveux gris et mesurant pas plus d’un mètre soixante-dix entra dans le bâtiment après que quelqu’un lui ait gentiment ouvert la porte. Elle portait une robe à motifs carrelés, des ballerines noires, et un collier de perles blanches autour du cou.

La petite dame se dirigea lentement, mais sûrement vers une des réceptionnistes avec qui elle eut une conversation quelques instants plus tard.

  • Bonjour ! Que puis-je faire pour vous être utile ? lui demanda la jeune femme avec un sourire aimable sur son visage.
  • Bonjour, mademoiselle. J’ai rendez-vous avec mon banquier, lui répondit-elle.

La vieille dame lui donna ensuite le nom du gestionnaire financier qu’elle devait rencontrer, ce qui permit à la jeune réceptionniste de la conduire au bureau de ce dernier. L’homme vêtu de manière très formelle avec un costume gris se leva de son siège lorsqu’il aperçût sa cliente. Après un échange de formalités entre les deux, il l’invita à prendre place.

Après s’être confortablement installée dans le fauteuil, la vieille dame lui expliqua qu’elle avait relevé des activités suspectes sur un de ses comptes bancaires et voulait donc procéder à un changement de carte de crédit.

  • Madame Saddle, vous savez que vous pouvez faire ce genre de procédures à travers notre application bancaire, n’est-ce pas ? rétorqua le banquier.
  • Je n’ai absolument pas confiance en ce genre de technologie. Je préfère prendre rendez-vous et venir vous voir directement à la banque, répondit madame Saddle.

L’homme esquissa un léger sourire devant les préférences quelque peu démodées de cette vieille dame assise devant lui.

  • OK, je comprends, déclara-t-il.

Le banquier se mit à pianoter sur les touches de son clavier d’ordinateur et, quelques dizaines de secondes plus tard, eut un accès complet au compte de sa cliente. Il lui dit alors qu’elle avait effectué de nombreuses transactions ces derniers jours dont les montants étaient assez élevés. Bien évidemment, la vieille dame ne reconnut aucun des transferts bancaires que lui présenta l’homme en costume gris.

  • Y a-t-il un moyen de récupérer l’argent qui m’a été dérobé ? demanda la vieille dame.
  • J’ai bien peur que cela s’avère compliqué. Vous auriez dû faire opposition dès l’instant où vous aviez remarqué ces transactions frauduleuses, répondit-il.

Face à la réponse de son banquier, madame Saddle ne put s’empêcher d’être déçue, ce qui se fit voir sur son visage. L’homme, devant la tristesse de sa cliente, lui dit de patienter un moment, qu’il allait discuter de la question avec un de ses supérieurs. Cependant, au moment où l’homme se leva de son siège, il fut soudainement pris d’une atroce migraine et de vertiges. Sa vision se troubla tandis qu’il commençait à marcher de travers tout en tenant sa tête avec ses mains.

En voyant son étrange comportement, la vieille dame lui demanda si tout allait bien. Elle s’avança alors pour essayer de lui offrir son aider, mais se rendit compte à ce moment qu’il n’était pas le seul à agir de la sorte. Toutes les personnes présentes dans la banque étaient atteintes des mêmes maux.

Madame Saddle commença à paniquer et son rythme cardiaque s’accéléra. Ne sachant pas exactement quoi faire, elle décida tout simplement de contacter les autorités. Toutefois, au moment où elle s’apprêtait à composer le numéro sur son téléphone, cette dernière fut à son tour frappée par cet étrange phénomène.

—–*—–

Plusieurs dizaines de minutes avant que tout le monde ne soit frappé par des migraines et des vertiges dans la banque, trois modèles différents de voiture vinrent se garer en face du bâtiment. Il s’agissait entre autres d’une Chevrolet Camaro SS grise de 1969 ayant des vitres teintées en noir, d’une Toyota supra bleue avec des rayures blanches de 2002, et d’une Nissan R34 Skyline GTR complètement noire. Ces voitures avaient visiblement été modifiées, l’intérieur étant visiblement équipé avec des accessoires beaucoup trop récents pour les modèles conduits.

À l’intérieur de ces véhicules se trouvaient trois individus, deux hommes et une femme, vêtus chacun d’un très élégant costume gris-noir. Le jeune homme noir conduisant la Skyline avait de drôles de puces circulaires de quelques millimètres de diamètre collées de part et d’autre de sa tempe, de même pour le conducteur de la Camaro. La troisième, qui était visiblement d’origine japonaise, n’en disposait pas. Toutefois, tout le monde disposait d’une oreillette afin de communiquer entre eux.

Une musique assez forte était émise du cockpit de la Nissan Skyline, ce qui attirait l’attention de certains passants.

  • Accelerated ! Ne trouves-tu pas que le volume de ta musique est un peu fort ? dit le pilote de la Camaro.
  • Come on Wolff ! C’est tout de même un son de Scandroid, répondit-il sur un ton de plaisantin.

La personne qui venait de s’adresser à Accelerated était un jeune homme possédant des cheveux blancs et des yeux bleu cyan, un trait de caractère que les deux autres membres du groupe trouvaient très spécial. En dehors de cela, il mesurait à plus d’un mètre quatre-vingts et avait une mâchoire carrée peu proéminente. Son interlocuteur, quant à lui, avait des cheveux noirs coupés court, faisait un mètre soixante-quinze, et avait des yeux marrons.

  • Tu n’es pas obligé de le diffuser aussi fortement, rétorqua Wolff par la suite.
  • We’re made of flesh, circuit, and bone. The only world we’ve known, these empty streets we walk alone…, chanta joyeusement Accelerated.
  • Diminue-moi ça tout de suite ! ordonna autoritairement le jeune homme en interrompant son interlocuteur.

Accelerated n’eut d’autre choix que d’obéir à l’ordre qu’on venait de lui donner. Ce fut donc à contrecœur qu’il appuya sur une des touches de son volant tout en murmurant des propos inaudibles, ce qui arrêta immédiatement sa musique. Leur petite dispute fit rire leur camarade se trouvant à l’intérieur de la supra.

  • Qu’est-ce qui te fait rire, Stevie ? questionna Accelerated, légèrement vexé par sa réaction.
  • Ton comportement enfantin, voyons ! rétorqua la jeune femme.
  • Comportement enfantin ?! Moi, j’ai un comportement enfantin ? répliqua le pilote de la GTR en haussant la voix.
  • Ça suffit, tous les deux ! Accelerated, tu ferais mieux de la mettre en veilleuse après ce qui s’est passé avec ta dernière voiture. Quant à toi, Stevie, nous nous passerons bien de tes commentaires, intervint fermement Wolff.

Les deux jeunes gens n’ayant rien à redire face à leur leader, le silence revint parmi les membres du groupe. Le conducteur de la Chevrolet retroussa légèrement sa manche droite afin d’avoir une idée de l’heure qu’il faisait.

  • Ce sera bientôt à nous de rentrer en scène. Vous savez ce que vous avez à faire, n’est-ce pas ? demanda-t-il à ses acolytes.
  • Dès que tu nous donnes le signal, je m’occupe de tous les témoins qui sont à l’intérieur. Une fois cela fait…, répondit la jeune femme japonaise.
  • Je me charge de tous les gardes et autres nuisances, poursuivit Accelerated en coupant brusquement sa partenaire la parole.
  • Excellent ! Réussissons cette opération sans encombre pour le Patriarche, déclara le conducteur de la Camaro.

Les trois individus s’étant mis d’accord sur la marche à suivre, il ne leur restait plus qu’à attendre le signal de leur leader.

Aux alentours de 9h30, alors que cela faisait près d’une demi-heure qu’ils attendaient et que madame Saddle venait de rentrer dans la banque quelques minutes auparavant, le conducteur de la Chevrolet Camaro leur donna finalement le signal.

  • À toi de jouer, Stevie, dit Accelerated.
  • T’inquiète, je suis sur le coup, répondit-elle en regardant en direction de la banque.

Les yeux brun clair de la jeune femme s’illuminèrent avant de changer soudainement de couleur et de devenir bleus. Cela provoqua le phénomène de migraine et de vertiges qui frappait présentement toutes les personnes se trouvant dans la banque, mais également celles se trouvant à proximité de celle-ci.

Wolf, Stevie, et Accelerated descendirent tous les trois de leur voiture et se dirigèrent vers le bâtiment. Chacun d’entre eux possédait avec lui un grand sac noir. Ils franchirent les portes d’entrée et se retrouvèrent devant une foule de gens désorientés et apeurés.

  • Mesdames et messieurs, plus personne ne bouge ! Ceci est un hold-up ! s’écria brusquement le plaisantin de la bande.

Ses deux acolytes se retournèrent vers lui, le regardant avec une expression faciale témoignant à la fois de leur étonnement et de leur fatigue vis-à-vis de ses interventions enfantines.

  • Quoi ?! J’ai toujours voulu dire ça, rajouta-t-il lorsqu’il remarqua les regards de ses collègues.

Wolf n’en pouvait plus des conneries de son partenaire de crime. Toutefois, ce n’était ni le lieu ni le moment de le réprimander pour cela.

  • Parfois, j’en viens à regretter l’autre. Quoi qu’il en soit, mesdames et messieurs, comme l’a si bien dit mon camarade ici présent, ceci est un hold-up. Veuillez, s’il vous plait, faire tout ce que l’on vous dit et personne ne sera blessé, dit le leader en sortant une arme à feu de sa veste.

Cette dernière avait d’étranges gravures dorées inscrites à certains endroits. Vu l’expression faciale qu’Accelerated fit au moment où il la vit, c’était sûrement la première fois qu’il observait une telle chose durant l’une de leurs opérations. Généralement, tout se déroulait sans ce genre d’outils de pression.

Le jeune homme n’eut cependant pas le luxe de rester fixé sur cela. En effet, malgré les charmants conseils de Wolff, certains individus voulurent jouer les héros. C’était donc à son tour d’intervenir. Comme avec Stevie, les yeux marrons du jeune homme s’illuminèrent avant de prendre soudainement une couleur grise. Cependant, contrairement à sa collègue, on pouvait alors distinguer plusieurs traits tout autour de son iris.

Tout autour d’Accelerated perdit ses couleurs pour ne laisser que des nuances de noir et blanc. De plus, toutes les personnes présentes dans la pièce se mirent à bouger lentement, tellement lentement que les mouvements des agents de la sécurité qui s’apprêtaient à saisir leurs armes à feu semblaient se dérouler durant une éternité.

Tout se déroula plus vite qu’un clignement d’œil. Au moment où les gardes qui étaient toujours sous les effets des mystérieuses capacités de Stevie étaient sur le point d’attraper leurs armes, ceux-ci se rendirent compte que ces dernières ne se trouvaient plus dans leur étui.

  • C’est ça que vous cherchez ? demanda Accelerated en tenant dans ses mains ce qu’ils convoitaient.

Les membres de la sécurité n’eurent pas le temps d’être étonnés par la prouesse du jeune homme. En effet, Wolff menaça une fois de plus tout le monde pour qu’il aille tous se mettre bien sagement dans un coin. Pendant ce temps, Accelerated et la jeune Japonaise prirent la direction de la salle des coffres en embarquant avec eux un des banquiers.

  • Ne me faites pas de mal s’il vous plait. Je suis marié et j’ai des enfants, rétorqua l’employé en tremblant.
  • Tant que tu ne fais rien de stupide, tu pourras rentrer chez toi sain et sauf, dit la jeune Japonaise.

Sur le trajet, le conducteur de la Nissan Skyline sortit de sa poche une montre à gousset en argent qu’il consulta immédiatement après l’heure affichée dessus. Contrairement aux autres montres de ce genre, cette dernière comportait six aiguilles et semblait compter à rebours.

  • Tu la consultes beaucoup ces derniers temps. Quelque chose ne va pas avec ton temps ? questionna Stevie, curieuse.
  • Non, t’inquiète, ce n’est qu’une simple habitude que j’ai prise récemment, répondit-il en affichant un faux sourire.

Il remit l’objet dans sa poche et continua sa route avec sa partenaire et leur otage. Arrivés devant la salle des coffres, deux autres gardes y étaient présents. Parce qu’aucune alarme ni cri n’avait retenti, les deux hommes n’avaient aucune idée de ce qui se passait à l’intérieur de la banque. Ils pensèrent alors que l’employé accompagnait deux clients qui voulaient soit faire un dépôt, soit faire un retrait. Cependant, un des gardes remarqua que son comportement était quelque peu suspect. En effet, ce dernier transpirait énormément et tremblait également.

  • Monsieur, est-ce que tout va bien ? demanda-t-il au banquier.

Celui-ci ne répondit pas oralement et se contenta de faire des signes des yeux. Le garde comprit immédiatement ce qui se passait et agit en conséquence. Cependant, avant qu’il ne puisse saisir son arme, Accelerated activa de nouveau son étrange faculté pour désarmer et assommer les deux avant qu’ils n’aient le temps de réagir.

  • Impressionnée ? demanda-t-il à la jeune femme.
  • Pas le moins du monde. Maintenant, si tu veux bien te pousser, j’ai un travail à faire, lui répondit-elle.

La jeune Japonaise attrapa violemment l’employé de la banque et lui ordonna d’ouvrir le coffre. Craignant pour sa vie, ce dernier n’hésita point et s’exécuta. Il entra donc la combinaison sur le digicode qu’il valida quelques instants plus tard. Le bruit de l’énorme porte en acier se déverrouillant retentit, ce qui fit comprendre aux deux compères qu’ils n’avaient plus besoin des services de leur hôte. Stevie plaça donc sa main au niveau de son cou et ce dernier se mit à convulser violemment avant de perdre soudainement connaissance et de tomber à même le sol.

  • Excellent travail ! dit le jeune homme en applaudissant.
  • Cesse tes enfantillages. On a encore du boulot à faire, rétorqua Stevie.
  • Oui, madame ! exclama une fois de plus Accelerated en faisant un salut militaire.

La jeune femme commençait vraiment à en avoir marre du comportement de son collègue. Toutefois, comme elle l’avait si bien dit, il avait encore du travail à accomplir. Dès lors, elle mit de côté ses ressentiments du moment et entra avec lui dans la pièce.

Comme on pouvait s’y attendre d’une telle pièce, elle était remplie de plusieurs centaines de petits coffres numérotés. Accelerated s’éloigna un tout petit peu de la demoiselle dont les yeux reprenaient leur couleur bleue. Les poils des bras du jeune homme commencèrent à se dresser tandis que des arcs électriques apparaissaient à divers endroits de la salle. Stevie tendit par la suite ses bras de part et d’autre de son corps et, dans un bruit assez strident, attira vers elle tous les verrous des coffres. Ceux-ci s’arrêtèrent à quelques centimètres d’elle avant de tomber à même le sol.

  • Je suis toujours autant impressionné par tes facultés, rétorqua le jeune homme.
  • Au lieu de parler, tu ferais mieux de t’occuper des autres coffres. Je me charge de celui qui contient l’artefact, dit froidement Stevie.
  • Oui, madame ! s’exclama une fois de plus Accelerated avec un ton plaisantin.

La demoiselle se dirigea alors vers la boite de dépôt portant le numéro 305 et l’ouvrit. À l’intérieur se trouvait la moitié d’un disque rocheux qui avait visiblement été brisé lors d’un choc et sur lequel étaient gravées des inscriptions similaires à celles présentes sur l’arme de Wolff. Stevie attrapa l’objet avec la plus grande des précautions et le plaça délicatement dans son sac. Pendant son temps, son camarade qui venait encore d’utiliser ses pouvoirs terminait à peine de remplir le sien.

  • C’est bon, j’ai l’artefact, dit-elle à Wolff par l’intermédiaire de son oreillette.
  • Excellent ! Maintenant, sortez de là pour qu’Accelerated puisse déboucher la bouteille de champagne, répondit-il.
  • La bouteille de champagne ?! Dit, il sait que je ne bois pas d’alcool, n’est-ce pas ? rétorqua le concerné qui avait été surpris par le commentaire de son leader.

Lorsque le jeune homme se retourna vers sa camarade, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir que celle-ci pointait une arme à feu similaire à celle de Wolff dans sa direction.

  • Stevie… ! s’exclama-t-il.

Avant même qu’il ne puisse terminer sa phrase, Stevie appuya sur la détente, ce qui déclencha le tir. Accelerated activa instantanément ses pouvoirs. Alors que les couleurs tout autour lui disparaissaient pour laisser place à des nuances de blanc et de noir. Le jeune homme se dit alors qu’il aurait suffisamment de temps pour éviter le projectile qui se dirigeait vers lui. Cependant, quelque chose n’allait pas. Non seulement il ne voyait pas la balle, ce qui devrait être impossible vu la vitesse à laquelle il se déplaçait dans ce monde dépourvu de couleur, mais il sentit également des picotements au niveau de son abdomen. Alors qu’il abaissait son regard vers l’origine de cette gêne, il fut horrifié quand il découvrit de quoi il en retournait.

  • C…comment est-ce possible ?! demanda-t-il en s’effondrant au sol en se sortant de douleur.

Lorsqu’il perdit sa concentration, ses pouvoirs se désactivèrent et tout autour de lui revint à la normale. La jeune femme s’approcha ensuite de lui, son arme toujours tendue vers lui.

  • P…pourquoi ? questionna-t-il difficilement.
  • Désolé. Ça n’a rien de personnel, dit Stevie.

Alors que la jeune femme s’apprêtait à lui tirer de nouveau dessus, elle hésita un bref moment, ce qui permit à Accelerated de lui asséner un coup de pied qui la déstabilisa momentanément. Profitant de ce court laps de temps qu’il venait de créer et faisant de son mieux pour ignorer l’atroce douleur qui le parcourait, il se redressa, activa une fois de plus ses pouvoirs, et disparut du champ de vision de Stevie.

—–*—–

Dans le hall de la banque, Wolff détenait toujours les clients et employés en otage en les menaçant de son arme. Le calme régnait, mais la tension était palpable. Aucun d’entre eux ne savait exactement quand cette mauvaise situation allait se terminer. Tout ce qu’il espérait était que cela soit le plus vite possible. Chose assez curieuse chez les otages, personne ne voyait le jeune homme devant eux de la même manière. Pour certains, il était blanc tandis que pour d’autres, il était noir ou latino. Cela venait sans aucun doute des facultés de la jeune Japonaise.

Alors que tout le groupe se tenait tranquille, un des employés de la banque qui se trouvait un peu à l’écart eut également l’idée de jouer aux héros. Il voulut alors activer l’alarme silencieuse de l’institution en appuyant sur un bouton se situant sous un des bureaux proches de lui.

  • Si tu ne veux pas que tes proches te retrouvent dans un sac mortuaire, je te conseille de te tenir tranquille, rétorqua Wolff qui avait vu ce qu’il manigançait.

L’employé abandonna donc son idée, ne voulant pas se faire tuer. Ce fut exactement à ce moment que les yeux bleu-cyan de Wolff s’illuminèrent. Tout autour de lui perdit alors ses couleurs pour laisser place à des nuances de noir et de blanc. Le jeune homme se retrouva donc dans le même monde qu’Accelerated qui venait tout juste de rejoindre le hall.

  • Où comptes-tu aller comme ça ? demanda-t-il au blessé.

Le regard de Wolff était à cet instant très froid et intimidant. Il n’avait plus rien à voir avec celui qu’il était quelques minutes auparavant. De son côté, Accelerated était abasourdi de voir son ancien collègue dans ce lieu. Néanmoins, son visage livide ne pouvait l’exprimer à ce moment.

  • Aujourd’hui, c’est décidément le jour des surprises. Des armes capables de me suivre et maintenant toi ici, rétorqua-t-il d’un air épuisé.
  • Malgré ton état et ton désavantage, tu arrives encore à plaisanter. Admirable ! Nous ne pouvons malheureusement pas te laisser t’échapper. Pas après ce que tu as fait, déclara-t-il.
  • Alors, le Patriarche l’a finalement découvert, répondit Accelerated en esquissant un léger sourire.

Comme s’il était possédé par un démon, le jeune homme se mit à rire tandis qu’une arme était pointée sur lui.

  • Une dernière volonté avant de mourir ? questionna Wolff.
  • Une volonté ? Non, un seul mot suffira. Accelerated ! rétorqua-t-il en s’arrêtant brusquement de rire.

Après avoir prononcé son surnom, le jeune serra les dents avant de disparaitre soudainement devant les yeux de son adversaire. Moins d’une seconde plus tard, celui-ci reçut un violent coup au visage, ce qui le fit reculer de plusieurs pas. Wolff était visiblement surpris par ce qui était en train de produire. Il ignorait complètement qu’Accelerated était capable de faire ce genre de chose.

  • Je ne sais pas comment tu es rentré dans mon domaine ni comment tu es en mesure de t’y déplacer à ta guise, mais sache que je reste et demeure le maitre de ces lieux. Tu ne peux pas gagner, pas ici, rétorqua le jeune homme sur un ton sérieux qui ne lui ressemblait pas et en apparaissant à quelques mètres de son adversaire.

Dès que ce dernier le vit, il lui tira dessus dans la seconde. Malheureusement pour lui, la balle traversait le jeune homme et se planta dans le mur sans lui faire le moindre dégât.

  • Une image différée ! Impressionnant, s’exclama le jeune homme aux yeux bleu-cyan.

Quelques instants plus tard, il encaissa de nouveaux coups de poing de la part d’Accelerated. Cependant, ceux-ci étaient moins forts à chaque fois, ce qui fait comprendre à Wolff que son adversaire faiblissait à grande vitesse.

  • Les vertiges et les engourdissements doivent commencer à se faire sentir. Je me demande pendant combien de temps tu seras encore en mesure de te déplacer de la sorte, rétorqua-t-il.

Accelerated apparut une fois de plus devant le jeune homme et, comme précédemment, ce dernier tira sans hésiter, ce qui eut le même résultat que sa dernière tentative. À ce moment, une idée émergea dans la tête de Wolff.

Encaissant de nouveau une rafale de coups, le jeune homme se dirigea vers une des réceptionnistes et l’attrapa par le bras. Sans qu’il ne sache comment cela était possible, Accelerated vit Wolff intégrer la demoiselle dans son domaine. Bien évidemment, cette dernière fut très étonnée, ne comprenant pas ce qui se passa.

  • Voyons voir comment tu gères ça, déclara le détenteur de l’arme.

D’un simple geste, comme si elle n’était qu’une simple feuille de papier, Wolff projeta la jeune femme plusieurs mètres en avant. Au moment où cette dernière toucha le sol, il pointa son arme vers elle et tira. Accelerated, qui voyait la balle se déplacer très lentement, fonça vers elle pour la sauver, et ce malgré la douleur. Cependant, au moment même où il se retrouva sur la trajectoire du projectile, celui-ci accéléra brusquement et le blessa à l’épaule droite. Le jeune homme s’effondra sur le sol dans une mare de sang sous les yeux horrifiés de la réceptionniste. Il avait mal, il avait froid, il avait du mal à ressentir ses extrémités, et sa vision était trouble.

  • Quelle déception ! L’autre n’aurait jamais risqué sa vie pour la sauver. Quoi qu’il en soit, il semblerait que ton heure soit arrivée, Accelerated, déclara Wolff.
  • Ne…ne vous…en…en faites pas. Tout i…ira bien, dit le blessé à la jeune femme pour essayer de la rassurer.

Tandis que les yeux d’Accelerated viraient successivement du gris au marron et vice versa, Wolff s’approcha lentement de lui. À bout de force, il n’eut d’autre choix que de désactiver ses pouvoirs, ce qui fit disparaitre son domaine. Tout autour d’eux revint à la normale et les otages assistèrent au terrible spectacle. De son côté, Stevie arriva quelques dizaines de secondes plus tard avec le sac contenant l’artefact. Lorsqu’elle vit son ancien ami et collègue se trainer désespérément vers la sortie, elle ne put le supporter et détourna le regard.

  • Tu avais dit que ce serait vite fait, rétorqua-t-elle.
  • Ça l’aurait été si tu avais correctement accompli ta tâche, répondit le jeune homme.
  • Je…je suis…désolé. P…pardonne…moi, dit une dernière fois Accelerated en tendant sa main vers la réceptionniste qui se trouvait juste devant la porte.

Wolff tendit son arme une dernière fois vers le jeune homme et, quelques instants plus tard, un coup de feu ainsi que des cris retentirent dans le hall de Banque Nationale Arter. Le meurtrier rangea son arme, souhaita à tout le monde de passer une excellente journée, puis franchit les portes du bâtiment en compagnie de son acolyte. Ce jour du mercredi 17 martius 2017 fut alors marqué par une tragédie qui hanterait bon nombre de personnes à tout jamais.

A suivre !!!

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